jeudi 6 décembre 2012

M.O.T.U.S. - Machine of the Universal Space (1972)

Connection (Sonopresse) CNT 69 562

Je ne connais pas précisément l'histoire de ce groupe, mais je soupçonne justement que ce groupe n'ait pas d'histoire. Je veux dire : pas une vraie histoire d'un vrai groupe avec des concerts, tout ça...

Non, j'imagine plutôt une histoire sordide de quatre musiciens professionnels qui se trouvent libres à un moment donné, et qu'un mec avec un gros cigare attire dans un studio, où ils signent ce qu'il leur tend comme paperasse uniquement pour la promesse qu'ils y voient de se faire payer ainsi deux ou trois mois de loyer. Je peux me tromper évidemment, en tout cas quand j'écoute le disque c'est ça que j'entends : des gars dont le professionnalisme laisse peu de doutes mais qui ont pondu à toute vitesse un truc bateau (expression qui colle bien justement à l'illustration de la pochette, dessinée par le bassiste Gilles Papiri - c'est toujours ça d'économisé...) qui ne les passionne pas eux-mêmes, piochant en vrac dans les sonorités standards de l'époque (ou même parfois déjà légèrement datées). Psychédélisme gentillet, pop beatlesienne (ou pire), hard-rock ou proto-prog à orgue prisunic, de légères touches jazzy, un peu de funk, des bongos et même quelques percus indiennes sont ainsi au programme...

La voilà donc la fameuse "machine de l'espace universel" : un vieux bateau à voiles (pas déployées) qui vole dans un univers rose en direction d'une planète verte (?)... Noter les quatre paires de rames qui symbolisent vraisemblablement les quatre musiciens en train de galérer.
L'anglais expatrié Ian Jelfs me semble avoir fait des progrès à la guitare (fait parfois penser à Peter Banks) comme au chant depuis Circus, mais il signe les chansons les plus mollassonnes de l'ensemble. Le batteur Philippe Combelle est connu dans les milieux du jazz, mais là il donne plutôt dans le matraquage à la Ian Paice, et ses compositions visent du côté d'Hendrix. L'album devient bizarrement instrumental dans les trois derniers morceaux (on dirait qu'ils ont terminé le boulot en impro pour être plus vite débarrassés - les morceaux en question sont pourtant signés par seul Michel Coeuriot ou Papiri - ou bien "on n'avait plus de budget pour finir d'enregistrer le chant" ?... ou plus d'inspiration pour écrire des textes ?) et cela renforce l'impression que l'on pouvait déjà ressentir sur les titres chantés de se trouver dans une ambiance comparable à un disque de pure exploitation ou d'illustration musicale (et y en avait qui faisaient des trucs du même genre mais plus tordus que ça dans ce domaine...). Alors ça s'écoute quand même, mais on aurait espéré mieux...

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